L'histoire d'Haïti et celle de la France sont étroitement liés HAÏTI, LA PERLE DES ANTILLES Chez les Taïnos, les premiers habitants indiens, Ayiti signifiait «Terre des hautes montagnes» ou «la montagne dans la mer».   Lorsque les Français, provenant de l'île de la Tortue vers la Grande Terre, occupèrent la partie occidentale de l'île d'Hispaniola, ils francisèrent le nom en usage chez les Espagnols «Santo Domingo» en Saint-Domingue. De 1630 à 1664, ce nom resta informel jusqu'à ce que Colbert incorpore la colonie de Saint-Domingue à la Compagnie des Indes Occidentales. Le nom de Saint-Domingue sera confirmé par les traités de Ryswick (1697) et de Bâle (1795) pour désigner la partie occidentale (pars occidentalis) qui, durant cette période coloniale française, fut aussi surnommée la «perle des Antilles». Le 1er janvier 1804, en déclarant l'indépendance du pays, Dessalines lui redonne le nom taino d'origine, Haïti-Bohio-Quisqueya, en honneur à ce peuple amérindien. Hispaniola est le nom donné à l'ensemble de l'île, la République dominicaine en occupant les deux tiers à l'est.   En créole, le pays est appelé Ayiti.    Elle est limitée au nord par l'Océan Atlantique, à l'est par la République Dominicaine, au sud par la mer des Caraïbes et à l'Ouest par le détroit de Windward qui la sépare de l'île de Cuba.       Sa superficie est de 27,750 km² et sa population est estimée à environ 8,000,000 habitants. La République dominicaine s'étend sur 48 730 km², soit un peu moins des deux tiers orientaux de l'île. En 1790, la population de la colonie, alors nommée Saint-Domingue, s'élevait à environ 500 000 personnes dont 38 360 Européens et 28 370 Africains et "homme de couleur" libres, aux côtés de 433 270 personnes ayant le statut "esclave". Dans les années 1880, elle comprenait environ 570 000 habitants.   L'île toute entière avec 76 480 km² est plus petite que l'Irlande. Dans le groupe des Grandes Antilles, elle est la deuxième après Cuba (110 860 km²), avant la Jamaïque (10 990 km²) et Porto Rico (8 900 km²). Haïti est un peu plus petite que la Belgique et vingt fois moins étendue que la France. Plusieurs îles font partie de la République haïtienne. L'île de la Tortue (180 km²), au nord, est la plus célèbre pour avoir été le berceau de l'implantation française. L'île de la Gonave, a l'ouest, est la plus étendue (600 km²). Les autres îles sont beaucoup plus petites : île à Vaches (52 km²) en face des Cayes ; île Navase (47 km²) entre Haïti et la Jamaïque.   La capitale, Port-au-Prince, est aussi la plus grande ville du pays avec environ 2 millions d'habitants dans les années 2000, suivie du Cap-Haïtien avec 800 000 habitants. Haïti possède deux langues officielles depuis 1987: le français et le créole. Le catholicisme et le vaudou sont les religions les plus pratiquées (80%). Ensuite viennent le protestantisme et les autres confessions.    Climat  Haïti jouit d'un climat tropical. La température, tout au long du littoral est d'environ 27° C avec une légère variation entre l'hiver et l'été. Au sommet des montagnes, la température peut osciller entre 18º et 22º C. Il existe deux périodes pluvieuses : l'une qui dure d'avril à juin et l'autre d'octobre à novembre. La pluviométrie varie non seulement avec l'altitude mais aussi avec l'orientation des massifs par rapport aux alizés. L'abondance annuelle des pluies marque des variations étonnantes allant du simple au quintuple.     Géographie  Le territoire d'Haïti est principalement constitué par la partie occidentale de l'île d'Hispaniola que l'on nomme également « Terre haute ou montagneuse », à laquelle vient s'ajouter un certain nombre d'autres îles et archipels tels que :       – La Gonâve ;     – l'île de la Tortue ;     – Les Cayemites ;     – l'Île-à-Vache ;     – La Navasse.     Dans la péninsule du Nord, les Montagnes Noires et la chaîne des Matheux (au nord de Port-au-Prince) culminent respectivement à 1 700 et 1 600 m, tandis que le plus haut sommet du massif du Nord atteint à peine 1200 m. C'est dans ce massif que se trouve la citadelle Laferrière bâtie par le roi Henri Christophe, au sud de Cap-Haïtien, à 865 m d'altitude.   Environ les deux tiers de la superficie du pays sont montagneux et les deux plus grandes vallées sont la vallée de l'Artibonite et la vallée de l'étang Saumâtre. Le sous-sol recèle des minerais de cuivre, d'or, d'argent, de fer, d'étain et surtout de la bauxite.   La terre est fertile et la flore comprend une grande variété de plantes tropicales. Les pins forestiers occupent les sommets des mornes et dans les vallées on trouve des chênes, des cèdres et de l'acajou. Depuis plusieurs décennies, la végétation souffre de la déforestation des massifs et des pluies diluviennes. Selon le rapport annuel du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), 6,000 ha de terres sont emportés chaque année dans l'océan. Cette dévastation provoque une érosion progressive qui, par endroits, rend la terre durablement aride. Parmi les nombreux fruits cultivés, nous pouvons citer la mangue, la goyave, la papaye, l'orange, le pamplemousse, l'ananas etc…   Économie  Haïti est le pays le plus pauvre de l'hémisphère sud. Le revenu annuel par habitant est estimé en moyenne à $US 250.   80 % des Haïtiens vivent en dessous du seuil de pauvreté et 54 % dans la pauvreté la plus totale. Les principales ressources naturelles à Haïti sont la bauxite, le cuivre, le carbonate de calcium, pierre à chaux, l'or, le marne et l'hydroélectricité. Cependant, les ressources minérales sont limitées à de petits gisements. Seule la bauxite a été exploitée commercialement à une échelle significative. Les principaux partenaires commerciaux de la république d'Haïti sont les États-Unis à 85,2%, le Canada à 2,2 %, la France à 1,5% et l'Allemagne à 1,0% (2002). À cause de la déforestation accélérée, Haïti reste un pays vulnérable aux catastrophes naturelles. En 2008, quatre cyclones ont ravagé le pays et causé d’énormes dégâts matériels aux infrastructures routières et au secteur agricole. En octobre 2008, le congrès américain a voté la loi HOPE II (Hemispheric Opportunity through Partnership Encouragement : « opportunité hémisphérique par l'encouragement aux partenariats »), pour permettre aux produits manufacturiers, particulièrement le textile d’avoir accès sans tarif douanier au marché américain. Les transferts d’argent de la diaspora demeurent une importance source de devise, représentant un quart du produit intérieur brut et deux fois la valeur des exportations. Haïti souffre d’une inflation élevée et d’un manque d’investissement à cause de l’insécurité, des infrastructures limitées et d'un déficit commercial important. Le gouvernement dépend de l’aide internationale pour financer en partie le budget. Plus d'un Haïtien sur quatre est sous-alimenté, soit 1,9 million de personnes, selon un rapport du conseil national de la sécurité alimentaire (CNSA) haïtien. Le taux de chômage atteint plus de 65 % de la population active. L’agriculture emploie plus de deux tiers de la population en âge de travailler. Ce sont des fermes de subsistance, de dimensions restreintes, où le café, le cacao, le sisal, le coton, les mangues constituent les principales exportations. L’explosion démographique et le manque de compétitivité par rapport aux produits importés ont affaibli considérablement ce secteur, dont la production se trouve de plus en plus destinée au marché intérieur avec des produits tels le maïs, le riz, les fruits.   La capitale, Port-au-Prince, concentre les activités industrielles. Les principales productions sont les composants électroniques, le textile et les balles de baseball. Les programmes sociaux établis par le gouvernement sont limités, en dépit d’une nette augmentation en 2009. Certaines agences offrent des pensions de retraite et des allocations pour les accidents du travail. L'accès aux emprunts est faible, 2 % du crédit du système bancaire finance le secteur agricole et le développement rural.     Dette  Le 17 avril 1825, le roi de France Charles X concède « l’indépendance pleine et entière » à l’ex-colonie d´esclaves française moyennant une somme de 150 millions de francs-or (la somme sera ramenée en 1838 à 90 millions de francs), ce qui est l´origine de l´endettement du pays. Dans les années 1880, les finances publiques sont dans un extrême désordre vu l'instabilité politique persistante. Le revenu est évalué à 21,5 millions de francs et les dépenses au double de cette somme. La dette publique s'élève alors à 12 millions de piastres fortes (1 piastre valant 5 francs) dont 308 000 piastres pour le solde de la dette française (1 540 000 francs)[19]. Le 7 avril 2003, le président Jean-Bertrand Aristide a réclamé officiellement à la France près de 21,7 milliards de dollars en « restitution et réparation » de la dette. Parallèlement une dette extérieure totale de 1,2 milliard de dollars « s’est construite sur la dette de l’indépendance », notamment sous « la dictature des Duvalier entre 1957 et 1986, (qui) a ravagé et fortement endetté le pays », indique encore le Comité pour l'annulation de la dette du tiers monde (CADTM)[20]. Cette association estime que le régime des Duvalier est responsable à lui seul de 550 millions de dollars de la dette extérieure du pays. Le 24 décembre 2003, le CADTM a réclamé l’annulation de la dette qualifiée d'«illégitime et odieuse» de Haïti, à la veille du bicentenaire de l’indépendance de la République caraïbe. Sans nier une dette de la France à l'égard de leur pays, l'opposition et les intellectuels de la diaspora refusent de s'associer à une demande émanant d'un régime aussi corrompu et peu démocratique que celui du président Aristide[21]. En 2009, suite à l'Initiative pays pauvres très endettés, 1,2 milliard de dollars de dette ont été annulés par la Banque mondiale et le FMI[22]. Début 2010, la dette extérieure est évalué par Oxfam international à 890 millions de dollars soit 734 millions d'euros[23].   En 1995, 26% seulement de la population avait accès aux services de la santé selon un rapport de la Banque Mondiale. Haïti compte 0,1 médecin pour 1000 h., 0,5 lit d'hôpital pour 1000 h., 1 infirmière pour 100 000 h. et 1 dentiste pour 200 000 h. La mortalité infantile est de 7,1% et l'espérance de vie est de 54 ans pour les femmes et de 50 ans pour les hommes. Le mauvais état de santé de la population tient avant tout à la sous-alimentation et à la malnutrition dont les causes sont évidentes : quatre Haïtiens sur cinq vivent en dessous du seuil de pauvreté absolue, affirmation tempérée en ce qui concerne les ruraux qui vivent pratiquement en autosuffisance et qui ne connaissent pas la vraie disette atteignant les milieux urbains.   Haïti est un pays d'une très grande richesse culturelle. Sa diversité provient, d'une part, de sa situation géographique et d'autre part, de son histoire marquée par la succession de plusieurs ethnies : africaine, française, hispanique et américaine. Les Haïtiens ont évité l'isolement intellectuel en intégrant dans leur patrimoine un héritage colonial ; la langue française. A partir du XVIIIème siècle, une littérature d'expression française a pris naissance et a fourni de très nombreuses œuvres ; romans et recueils de poésies. Le XIXème siècle a été marqué par les courants littéraires du romantisme européen et au XXème siècle, un mouvement littéraire engagé, dans la lutte « noiriste » et la négritude, s'est développé. Parmi les écrivains connus nous pouvons citer : Jacques Roumain, René Dépestre.   L'expression culturelle la plus répandue reste la peinture. Elle est caractérisée par la richesse des couleurs et représente, bien souvent, les survivances des temps lointains de notre histoire. La peinture haïtienne a ses racines dans la lutte contre l'esclavage, le combat pour la liberté et la volonté de vaincre la soumission.     Séisme de 2010 à Haïti   Le 12 janvier 2010, un tremblement de terre de magnitude 7,0 sur l'échelle de Richter frappe l'ouest d'Haïti et notamment sa capitale : Port-au-Prince. Il est suivi de plus d'une centaine de répliques. Il s'agit du séisme le plus important et le plus meurtrier de l'histoire d'Haïti, allant jusqu'à désorganiser totalement le fonctionnement de l'État, à l'image de l'effondrement de plusieurs bâtiments publics comme le palais présidentiel qui entraîna la mort de plusieurs cadres du gouvernement. Le président Préval et son premier ministre Jean-Max Bellerive y échappèrent de peu. De plus, des milliers de détenus alors incarcérés à la prison de Port-au- Prince se sont échappés, suite à l'effondrement de celle-ci, fragilisant encore plus une situation sécuritaire déjà précaire.   La Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) fut également dévastée par l'écroulement de son quartier général à Port-au-Prince : plus de 150 casques bleus dont le chef de mission Hédi Annabi et son adjoint sont morts ou portés disparus. Le bilan de ce cataclysme sismique s'élève, au 24 février 2010, à plus de 222 500 morts, 300 000 blessés et 1 000 000 de sans-abri. Mais le général Ken Keen, qui dirige la force spéciale américaine en Haïti, a évoqué celui de 150 000 à 200 000 morts comme « hypothèse de travail ». Barack Obama parle « de la plus grande catastrophe humanitaire qu'aient eu à gérer les États-Unis d'Amérique ». Les États-Unis y ont dépêché sur place 16 000 militaires, l'Union européenne 1 500[15]   Étant donné qu'il sera impossible de déblayer tous les gravats à courte échéance, les autorités haïtiennes envisagent de reconstruire plusieurs quartiers de Port-au-Prince aux alentours de la capitale haïtienne.   Le 20 janvier 2010, à 6 heures (heure locale), une réplique de magnitude 6,1 sur l'échelle de Richter, ressentie à 60 km à l'ouest de la capitale en ruine, frappe à nouveau le pays.   Le 22 janvier 2010, un effort « mondial » (mobilisant notamment le Canada, les États-Unis, la France…) est consenti afin de recueillir plus d'un milliard de dollars dans un fonds d'aide.   Le 16 février 2010, le coût de reconstruction de la capitale haïtienne et de ses environs est estimé entre 8 et 14 milliards de dollars.   Épidémie de choléra : En octobre 2010, dans des circonstances peu claires, une épidémie de choléra a fait son apparition dans le pays ; la contamination commence le 19 octobre dans les départements d’Artibonite et du Centre où les cinq premiers cas sont recensés ; la consommation d’eau impropre du fleuve Artibonite en serait à l’origine. Au 5 janvier 2011, on dénombrait 3 184 morts dues au choléra. Politique : o Haïti est une république. Le droit de vote est accordé à tous les citoyens âgés de 18 ans. o Le pouvoir législatif est exercé par deux chambres : le Sénat et la Chambre des Députés. o Le chef de l’exécutif est le président de la république Michel Martelly. o Le chef du gouvernement est le premier ministre. o Le premier ministre ne peut être révoqué par le président, mais peut être interpellé par le sénat et renvoyé après un vote de censure par ce dernier. Crédit : Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Haïti de Wikipédia en français