HAÏTI et l'Histoire Arrivée des Européens et colonisation Les peuples de culture Arawak, Caraïbes et Taïnos occupaient l'île avant l'arrivée des Espagnols. Christophe Colomb, débarquant le 5 décembre 1492 la nomma Hispaniola alors que les indigènes la nommait de trois façon : Ayiti, Quisqueya et Bohio. On estime qu'environ 100 000 indigènes peuplaient l'île d'Hispaniola à la fin du XVe siècle. Les Espagnols exploitèrent l'île pour son or. Les Amérindiens refusant de travailler dans les mines furent massacrés et réduits en esclavage; les rares personnes qui réussirent à s’échapper trouvèrent refuge dans les montagnes et furent marginalisées et fortement paupérisées. Les maladies infectieuses arrivées avec les Européens firent des ravages; les mauvais traitements, la dénutrition et la baisse de natalité firent le reste : la population indigène fut exterminée en quelques décennies. Famille Arawak   Les Espagnols firent alors venir d'Afrique des esclaves noirs déportés. Dès 1517, Charles Quint autorisa la traite des esclaves. La partie ouest d’Hispaniola, dépourvue de minerai, fut vite négligée par les colons espagnols qui la laissèrent vide. Des boucaniers français s'y installèrent, malgré plusieurs expéditions militaires espagnoles. Au XVIIe siècle, sous l'autorité du cardinal de Richelieu, l'installation française s'institutionnalisa. L'île de la Tortue, au nord ouest d'Hispaniola, devint le siège de la flibuste. Ces aventuriers gagnèrent peu à peu la « Grande terre » : en 1654, ils créèrent la première ville de la future Saint-Domingue : Petit-Goâve. Le premier gouverneur de la colonie fut Bertrand d’Ogeron, nommé en 1665. Sachant se faire accepter des flibustiers, il organisa la colonisation par la venue de Français qui s'engageaient à travailler trois ans avant de devenir propriétaires de terres (ils s'appelaient les « 36 mois »). Il favorisa la plantation de tabac. Ainsi, il sédentarisa une population de boucaniers et de flibustiers peu portée à accepter l’autorité royale jusqu'aux années 1660. Bertrand d’Orgeron attira aussi des colons de Martinique et de Guadeloupe. Mais en 1670-1690 intervint la crise du tabac et un grand nombre de places furent abandonnées. Les rangs de la flibuste grossirent, les pillages, comme ceux de Vera Cruz en 1683 ou de Campêche en 1686, devinrent nombreux et Jean-Baptiste Colbert, ministre de la Marine, ramena l’ordre en prenant un grand nombre de mesures. Il transféra le gouvernement à Port-de-Paix en 1676. Il encouragea la création de plantations d’indigo et de canne à sucre. Le premier moulin à sucre fut créé en 1685. Enfin, il réglementa l'esclavage en préparant le Code noir (qui fut promulgué en 1685, après sa mort). L'ensemble des ces actions permis l'essor économique de la colonie. À la suite du traité de Ryswick de 1697 et à l'accession au trône d'Espagne d'un petit-fils de Louis XIV, les Espagnols renoncèrent à contester la souveraineté de la France sur le tiers occidental de l'île. La France officialisa le nom de Saint-Domingue, pour cette partie. C’est alors que vinrent de France de nombreux colons qui développèrent les plantations ou travaillèrent dans celles-ci. De 1713 à 1787, 30 000 Français vinrent grossir le nombre des colons présents dans la partie Ouest de l’île. Les guerres éclatèrent en Europe et se prolongèrent sur les mers jusqu’aux Antilles et aux Caraïbes. En 1756, le commerce était paralysé. Un grand nombre de colons et leurs familles quittèrent Saint-Domingue pour la Louisiane, où ils s’installèrent dans des Postes établis par la France et administrés par des militaires. Vers 1790, Saint-Domingue, était devenue la colonie française la plus riche de toute l'Amérique grâce aux profits immenses de l'industrie sucrière et de celle de l’indigo générés par le travail des esclaves. Des dizaines de milliers d'Africains avaient été amenés comme esclaves pour faire fonctionner ces industries. Leur sort était juridiquement encadré par le code noir, mais, dans les faits, ils subissaient des traitements souvent pires que ceux dudit code. Leur nombre (400 000) était dix fois plus élevé que celui des blancs.   Révolte et indépendance La Révolution française entraîna de graves bouleversements sociaux dans les petites Antilles comme à Saint-Domingue. Le plus important fut la révolte des esclaves qui aboutit en 1793 à l'abolition de l'esclavage par les commissaires civils Sonthonax et Polverel, décision avalisée et généralisée à l'ensemble des colonies françaises par la Convention six mois plus tard. Toussaint Louverture, nommé gouverneur par la France, après avoir rétabli la paix, chassé les Espagnols et les Anglais qui menaçaient la colonie, rétablit la prospérité par des mesures audacieuses. Il alla cependant trop loin en promulguant une constitution autonomiste et Napoléon Bonaparte, sous l'influence des Créoles (Français et Espagnols nés sur l’une des îles des Antilles, plus tard en Louisiane aussi) et des négociants, envoya une expédition de 30 000 hommes sous les ordres de son beau-frère le général Leclerc (après le rétablissement de l'esclavage). Il avait pour mission de démettre Louverture. Mais, après quelques victoires, l'arrestation et la déportation de Toussaint Louverture, les troupes françaises commandées par Rochambeau finirent par être battues à la bataille de Vertières par Jean-Jacques Dessalines. Au terme d'une double bataille pour la liberté et l'indépendance, remportée par d'anciens esclaves sur les troupes de Napoléon Bonaparte, l'indépendance du pays fut proclamée le 1er janvier 1804. Le nom de Haïti fut donné au pays. Haïti est le premier pays au monde issu de l'abolition de l'esclavage.                                                                      Toussaint Louverture                                      Jean-Jacques Dessalines        Instabilité de l'indépendance à nos jours Dessalines fut proclamé gouverneur à vie par ses troupes. L'histoire rapporte qu'il exécuta certains blancs restés sur l'île et gouverna en despote. Il fut assassiné à son tour le 17 octobre 1806. Le pays se divisa alors en deux, un royaume au nord avec Henri Christophe et une république au sud avec Alexandre Pétion. En 1822, le président Jean Pierre Boyer réunifia les deux parties Nord et Sud et conquit la partie est de l'île, colonie espagnole. Le président Pétion initia des négociations pour la reconnaissance d'Haïti en 1814. Elles durèrent jusqu'en 1824. Le 11 juillet 1825, le roi de France Charles X promulgua une ordonnance qui reconnaissait l'indépendance du pays contre une indemnité de 150 millions de franc-or (la somme sera ramenée en 1838 à 90 millions de francs). Le 27 février 1844, malgré les attaques incessantes de la part des Haïtiens, la République dominicaine se déclarait à nouveau indépendante. Une longue succession de coups d'État suivit le départ de Jean Pierre Boyer. Le pouvoir ne cessait d'être contesté par des factions de l'armée, les élites mulâtre et noires, et la classe marchande, désormais composée majoritairement d'étrangers (Allemands, Américains, Français et Anglais). Le pays s'appauvrit, peu de chefs d'État se préoccupaient de son développement. Dès que le pouvoir se fragilisait, des révoltes armées se déclenchaient, entretenues par les candidats à la succession. En 1847, Faustin Soulouque fut élu président de la République mais transforma le pays en empire d'Haïti le 25 août 1849 et devint Faustin Ier. Despote, il fuit le pays suite à un soulèvement populaire en 1859. Au début du XXe siècle, le pays était en état d'insurrection quasi-permanente. Cet état de fait favorisa l'invasion de l'île par les troupes du président Wilson en 1915 pour contrer l'influence de l'Empire allemand. Les États-Unis occupèrent l'île de 1915 à 1934. Après le départ des américains, l'instabilité politique (entre militaires et populistes) reprit, et ne s'acheva qu'à partir de 1957 avec la dictature des familles Duvalier jusqu'en 1986. Partisan de la lutte contre les mulâtres, François Duvalier, dit Papa Doc, assit son pouvoir personnel sur la délation et des partisans surnommés tontons macoutes, escadrons de la mort. La dictature des Duvalier fut responsable de nombreuses tueries, de massacres d'opposants et de la population civile telle que le massacre de la ville de Jérémie, connu sous le nom «vêpres Jérémiennes» en 1964. De nombreux Haïtiens s'exilèrent, notamment aux États-Unis et au Canada. Après avoir fait face à plusieurs coups d'état, son fils Jean Claude, Baby Doc, fut finalement chassé par une insurrection populaire en 1986 et la démocratie s'établit peu à peu après le déchoucage des notabilités compromises avec le régime précédent.   Papa Doc et Baby Doc       Haïti depuis 1990   Élection d'Aristide et coup d'état (1991-1994)  L'ancien prêtre Jean-Bertrand Aristide remporte les élections de décembre 1990. Son mandat débute le 7 février 1991, mais un coup d'État mené par Raoul Cédras et des militaires (soutenus par la bourgeoisie d'affaires et par les États-Unis) le renverse dès le mois de septembre. Aristide s'exile aux États-Unis. Pendant trois ans les milices (elles aussi soutenues par les États-Unis) « nettoient » la population en intimidant et en assassinant les leaders syndicaux et responsables locaux qui avaient constitué la base de la résistance aux Duvalier et l'appui à l'élection d'Aristide. La plus importante de ces forces paramilitaires, le FRAPH, avait été fondé par le pion local de la CIA, Emmanuel Constant.     Jean-Bertrand Aristide Retour d'Aristide au pouvoir (1994-1995)  En 1994, Aristide est rétabli au pouvoir par l'administration de Bill Clinton, lors de l'opération "Rétablir la démocratie" à la condition qu'il renonçât à récupérer les années perdues lors de l'intermède militaire et qu'il se pliât à un programme néolibéral, surnommé "plan de la mort" par les haïtiens. Il s'agissait en fait du programme de son opposant lors des dernières élections, un ancien fonctionnaire de la Banque mondiale, Marc Bazin. Son retour fut par ailleurs marqué par le démantèlement de l'armée jugée responsable de l'instabilité politique.   Premier mandat de Préval (1995-2000)  Aristide quitte la présidence en 1995 et René Préval lui succède. Malgré son appartenance à Lavalas, le parti d'Aristide, il n'est soutenu que du bout des lèvres par l'ancien président. Il applique immédiatement le plan américain, ce qui provoque un véritable tollé dans l'île.   Second mandat d'Aristide et nouveau coup d'état (2000-2004)  Mission intérimaire de l'ONU en 2004 Aristide est réélu en 2000 avec une abstention estimée à 90% par l'ONU. Après plusieurs mois de pressions exercées par la communauté internationale, plus particulièrement par la France (avec l'intervention de Régis Debray et Véronique de Villepin-Albanel) et les États-Unis, Aristide est obligé, lors du Coup d'État du 29 février 2004, de quitter le pays par un commando des forces spéciales des États-Unis. Boniface Alexandre, président de la Cour de cassation, assure ensuite le pouvoir par intérim.   Second mandat de Préval (depuis 2006) En février 2006, suite à des élections marquées par des incertitudes sur le décompte des bulletins de vote, et grâce à l'appui de manifestations populaires, René Préval est élu.   René Préval   Séisme de 2010 à Haïti  Le 12 janvier 2010, un tremblement de terre de magnitude 7,0 sur l'échelle de Richter frappe l'ouest d'Haïti et notamment sa capitale : Port-au-Prince. Il est suivi de plus d'une centaine de répliques. Il s'agit du séisme le plus important et le plus meurtrier de l'histoire d'Haïti, allant jusqu'à désorganiser totalement le fonctionnement de l'État, à l'image de l'effondrement de plusieurs bâtiments publics comme le palais présidentiel qui entraîna la mort de plusieurs cadres du gouvernement. Le président Préval et son premier ministre Jean-Max Bellerive y échappèrent de peu. De plus, des milliers de détenus alors incarcérés à la prison de Port-au- Prince se sont échappés, suite à l'effondrement de celle-ci, fragilisant encore plus une situation sécuritaire déjà précaire. La Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) fut également dévastée par l'écroulement de son quartier général à Port-au-Prince : plus de 150 casques bleus dont le chef de mission Hédi Annabi et son adjoint sont morts ou portés disparus. Le bilan de ce cataclysme sismique s'élève, au 24 février 2010, à plus de 222 500 morts, 300 000 blessés et 1 000 000 de sans-abri. Mais le général Ken Keen, qui dirige la force spéciale américaine en Haïti, a évoqué celui de 150 000 à 200 000 morts comme « hypothèse de travail ». Barack Obama parle « de la plus grande catastrophe humanitaire qu'aient eu à gérer les États-Unis d'Amérique ». Les États-Unis y ont dépêché sur place 16 000 militaires, l'Union européenne 1 500 Étant donné qu'il sera impossible de déblayer tous les gravats à courte échéance, les autorités haïtiennes envisagent de reconstruire plusieurs quartiers de Port-au-Prince aux alentours de la capitale haïtienne. Le 20 janvier 2010, à 6 heures (heure locale), une réplique de magnitude 6,1 sur l'échelle de Richter, ressentie à 60 km à l'ouest de la capitale en ruine, frappe à nouveau le pays. Le 22 janvier 2010, un effort « mondial » (mobilisant notamment le Canada, les États-Unis, la France…) est consenti afin de recueillir plus d'un milliard de dollars dans un fonds d'aide. Le 16 février 2010, le coût de reconstruction de la capitale haïtienne et de ses environs est estimé entre 8 et 14 milliards de dollars.   Premier mandat de Michel Martelly Le 21 avril 2011, le Conseil électoral provisoire le déclare officiellement vainqueur du second tour de scrutin, qui s'est tenu le 20 mars précédent, avec 67,57 % des voix face à Mirlande Manigat. Son investiture a lieu le 14 mai 2011. Michel Martelly Crédit : Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Haïti de Wikipédia en français